Quelle voulez-vous que je dise de plus sur le RSA. J’en parle depuis au moins trois ans.
Les uns et les autres me bassinent avec le RSA. RSA par-ci RSA par-là.
Ca va bien.
Presque tout le monde l’avait soutenue. Presque tout le monde s’accorde désormais pour trouver bien des défauts à cette réforme. C’est toujours comme ça.
Le RSA, une réforme qui ne sert à rien mais qui change tout.
Elle n’améliorera pas le sort des anciens bénéficiaires du RMI, elle ne favorisera pas le retour à l’emploi.
En revanche, elle modifie en profondeur le droit du travail en créant le précariat, et elle modifie en profondeur les relations humaines en incitant les futurs bénéficiaires du RSA à poursuivre en justice leurs proches : parents, enfants, compagnons. La solidarité nationale vient au second plan après la solidarité familiale qu’on encourage par une espèce de « judiciarisation » des relations familiales.
Les derniers soutiens de Martin Hirsch évoquent la crise – pas de chance, hein ? – et rappellent cette vieille expression populaire : « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! »
Eh bien ce matin, puisqu’on me pousse à intervenir sur le sujet, je dis qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain, et tant qu’on y est, jetons donc aussi le papa.
Coup bas dans le Bas-Rhin
Le Préfet du Bas-Rhin a ordonné le déménagement, sans ménagement, du campement des Enfants de Don Quichotte organisé à Strasbourg dans le cadre du tour de France contre le mal-logement et en préparation à la grande manifestation du 15 mai prochain.
En pleine nuit – et évidemment en l’absence des journalistes – la police est intervenue violemment pour déloger la trentaine de campeurs. Deux personnes ont été blessées et le représentant local des Enfants de Don Quichotte a été placé en garde-à-vue.
Envoyer la BAC et les CRS contre les plus faibles d’entre nous.
Quelle misère !
Je rappelle que le droit de manifester est un droit constitutionnel.
Je rappelle que le droit au logement est inscrit dans la loi.
Le RSA n’aura pas un impact significatif sur l’emploi
LEMONDE.FR | 15.04.09 | 10h24
Le RSA n’entrera pas en vigueur avant le 1er juin, mais les expérimentations conduites depuis 2007 dans 34 départements volontaires laissent déjà dubitatif. D’après une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), passée au crible mercredi 15 avril dans Les Echos, les premières évaluations du nouveau minimum social montrent qu’il “n’a qu’un impact limité en terme d’accès ou de maintien en emploi”.
“Les taux d’emploi sont légèrement plus élevés en zones tests qu’en zones témoins, mais les différences ne sont pas significatives”, relève la Drees, qui précise que les écarts les plus importants ne touchent que certains catégories de bénéficiaires. Sont concernées les personnes seules (sans conjoint ni enfant) et les titulaires du bac ou d’un diplôme du supérieur. En d’autres termes, le RSA facilite le retour à l’emploi des “populations ne cumulant pas trop d’obstacles (comme le manque de qualifications et les problèmes de garde d’enfant)”.
“Cette enquête n’est que l’un des éléments du dispositifs d’évaluation”, se défend le haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, interrogé par Les Echos. Le comité d’évaluation du RSA doit à la fin du mois de mai remettre un rapport plus complet aux parlementaires, qui s’appuie sur les données administratives des caisses d’allocation familiale.
A en croire François Bourguignon, directeur de l’Ecole d’économie de Paris et président du comité d’évaluation, ses conclusions ne seront pas fondamentalement différentes de celles de la Drees. Il rappelle néanmoins que ” les expérimentations ont été appliquées aux personnes disposant du RMI” et qu’“il ne faut pas oublier les gens en emploi, qui bénéficieront aussi du RSA et verront leur taux de pauvreté diminuer. “
Mardi 07 et mercredi 08 avril 2009.
Emmaüs s’est mobilisé pour soutenir l’opération des Enfants de Don Quichotte.
Augustin Legrand, tel qu’en lui-même.
People ?
Peut-être.
Mais pas pipeau.
Sa tournée, c’est de la folie dans des conditions très difficiles, quelques
heures de sommeil par nuit sous la tente, un vrai repas tous les trois jours.
Inlassablement, répéter toujours le même discours qui vient du fond du
coeur.
Et la même attention, la même exceptionnelle qualité d’écoute portée à
l’autre, qu’il soit président d’association, journaliste, gars de la rue ou bien
logé.
Mon salut fraternel à Augustin, à Ronan, à Pierre et à toute l’équipe des
Enfants de Don Quichotte.
PSL

http://www.dailymotion.com/video/x8wtet_pascal-lafarge-responsable-emmaus-g_news
BORDEAUX. Forte mobilisation hier de ceux qui aident les sans-papiers. Ils veulent être poursuivis par la loi
« Délinquants solidaires »
Ils étaient entre 300 et 500 à se présenter hier à 13 heures place des Droits de l’homme, sur le parvis du palais de justice, pour se constituer prisonniers. Ces « délinquants solidaires » s’accusent d’être dans l’illégalité pour avoir déjà prêté assistance à une personne en situation irrégulière. L’action, d’envergure nationale, a eu lieu simultanément dans de nombreuses villes de France.
« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit » pouvait-on lire sur des panneaux et des tracts distribués et brandis par la foule. La loi du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale rendant délictuelle toute action d’aide à un sans-papiers est directement visée par cette mobilisation.
Mais c’est son application qui entraîne une véritable indignation dans une grande partie de l’opinion publique. Dans le courant du mois de février dernier, deux cas de figure ont soulevé l’émotion et fait monter associations et élus de l’opposition au créneau.
Le 16, l’interpellation d’Hamid, sans-papiers et compagnon d’Emmaüs, a entraîné une opération policière dans la communauté Emmaüs de Marseille ainsi que la mise en garde à vue de Kamel, un responsable, vraisemblablement soupçonné d’être en situation irrégulière.
5 500 aidants à interpeller
Le 18, Monique Pouille était à son tour placée en garde à vue dans le nord de la France. Cette dame de 59 ans, membre des Restos du coeur et de Terre d’errance, était accusée d’avoir donné nourriture et vêtements et d’avoir rechargé les portables de migrants espérant traverser la Manche.
Outre ces interpellations, les objectifs du ministère d’Éric Besson - 28 000 reconduites à la frontière pour 2010 et de 5 500 interpellations d’aidants pour 2011 - sont en grande partie responsables du sentiment d’iniquité qui anime les protestataires.
Très concerné par le sujet, le président des associations Emmaüs de la Gironde, Pascal Lafargue, fut l’un des premiers à se saisir du micro pour dénoncer « une honte, une insulte jetée à la face de nos valeurs, celles du pays des droits de l’Homme ». Une vingtaine d’associations bordelaises étaient mobilisées à ses côtés, ainsi que de nombreux élus de l’opposition. Benoît Hamon a profité de sa venue à Bordeaux, dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, pour venir apporter son soutien et celui du Parti socialiste à cette action. La députée Michèle Delaunay était d’ailleurs représentée.
« Un zèle excédentaire »
Le porte-parole du Parti socialiste n’a pas manqué de rappeler qu’une proposition de loi visant la suppression du délit de solidarité serait présentée à l’Assemblée nationale le 30 avril. Principalement soutenue par l’opposition, minoritaire, elle a peu de chance d’être votée.
Étaient également présents les Verts, notamment en la personne de Noël Mamère et le Parti communiste, avec son conseiller municipal Vincent Maurin.
« Éric Besson fait preuve d’un zèle excédentaire vis-à-vis de l’immigration », a déclaré le maire de Bègles. Le ministre n’a cependant pas profité de la journée d’hier pour atteindre ses objectifs de 2011 avec deux ans d’avance, au grand regret des manifestants.
Auteur : Barnabé Chaix
SUD OUEST | Jeudi 09 Avril 2009
Mercredi 8 avril à 13h00
A Bordeaux
et dans plus de 60 villes en France
Rassemblement de militants et de citoyens
Devant le Palais de Justice
Si la solidarité devient un délit,
Nous demandons à être poursuivis pour ce délit !
Aujourd’hui, en France, accueillir, accompagner, ou seulement aider une personne en situation irrégulière est devenu un délit… Parce que le gouvernement français s’est donné comme objectif en 2009, l’interpellation de 5000 aidants et de 5 500 en 2011, en assimilant citoyens solidaires et militants bénévoles aux trafiquants de main d’œuvre et autres passeurs….
Nous sommes tous concernés par ces objectifs chiffrés, parce qu’ avant d’être «sans-papiers», ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain.