L’écart se creuse
Camille Landais, économiste de l’Ecole de Paris, disciple de Thomas Piketty, publie une intéressante étude sur l’évolution des revenus des Français de 1998 à 2005.
Bonne nouvelle : les riches vont bien et les très riches vont très bien.
Les revenus des riches s’envolent (+ 19 %), ceux des très riches explosent (+ 42 %). Dans le même temps, 90 % des foyers, c’est-à-dire 31 millions de foyers, ont vu leurs revenus stagner (+ 4 % sur la même période, moins de 0,6 % par an).
Si ce sont les revenus tirés du patrimoine (revenus fonciers et capital mobilier) qui expliquent les “divergences de destin”, les inégalités salariales augmentent également mettant ainsi fin à plus de 30 ans d’histoire salariale en France où la stabilité de l’écart des revenus était la règle.
Loin de moi l’idée de crier au scandale parce que les riches sont de plus en plus riches. Je ne me ferai pas l’écho d’un homme politique connu qui, pendant la dernière campagne présidentielle, a osé le fameux “qu’est-ce que vous voulez, je n’aime pas les riches” (alors qu’il l’était lui-même selon ses propres critères, lui et sa compagne de l’époque).
Ce qui heurte c’est que les pauvres sont de plus en plus pauvres et que les salariés, quand ils ne sont pas eux-mêmes pauvres, vivent dans l’insécurité sociale.
A la lecture de cette étude, on sent bien le décalage terrible qui s’installe comme une évidence dans les esprits. On n’y peut rien, c’est la mondialisation.
Eh bien je crois qu’il faut refuser cette logique implacable qu’on essaie d’installer dans nos esprits. Si le politique ne peut rien contre la mondialisation qu’il reste chez lui.


flad dit :
Bonjour,
Devant le constat que vous faîtes,j’ai une question et une remarque.
D’abord la question: pouvez-vous préciser quels sont les vrais chiffres de la pauvreté en France?
Maintenant la remarque: vous dîtes que :”si le politique n’a rien à proposer contre la mondialisation qu’il reste chez lui.” Il semblerait que lorsque l’homme politique n’a rien à dire ,c’est l’électeur qui reste chez lui.
pascallafargue dit :
5 ou 6 millions de pauvres vivent en France avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté qui se situe entre 650 et 750 euros par mois, selon les chiffres de référence (50 à 60 % en dessous du salaire médian). Ces chiffres n’ont qu’un intérêt relatif en tout cas indicatif.
Ce qui compte, c’est le “reste à vivre” une fois que le loyer, les différents abonnements, les dépenses incompressibles ont été enlevés.
Pour beaucoup on devrait d’ailleurs parler de “reste à survivre” quand ce n’est pas du “reste à ne pas mourir”.
Concernant les électeurs, on observe qu’ils se sont déplacés en masse pour les présidentielles et que le taux d’abstention aux Législatives reste relativement faible si on compare avec d’autres démocraties. Preuve que les gens croient encore que le politique peut quelque chose.
ANDY CAP dit :
lA POLITIQUE est toujours d’accords avec les riches. 20 milliards pour les riches tout de suite et pendant des années. Des taxes et des jours en moins pas payés pour ceux qui bossent avec le docteur et les médocs encore plus cher. C’est àa la politique de Sarko et de Hirch qui la ramène tout le temps alors qu’il dit qu’il n’est pas ministre mais qui est sur toutes les photos avec les autres.