Communauté Emmaüs, le concept
Les communautés ont une quadruple dimension : à la fois lieu d’accueil, lieu de vie, lieu d’activité, lieu de solidarité.
En ce sens une communauté s’appuie sur trois composantes dont chacune est indispensable à l’ensemble :
- des compagnons accueillis à partir de leur besoin
- des amis venus comme bénévoles ou volontaires
- des permanents responsables salariés
Quel que soit leur statut (compagnon accueilli, bénévole volontaire, salarié employé…) la communauté Emmaüs est leur raison de s’organiser et d’agir collectivement pour réaliser des actions, répondre aux sollicitations, avoir une parole auprès du public…
Les compagnons, issus le plus souvent du monde de l’exclusion, trouvent dans les communautés un lieu de vie, de projet. La communauté leur propose, sans qu’il soit fixé de limite de temps, un accueil, un cadre de vie, un niveau de dignité, de confort, de sécurité, de reconnaissance, de responsabilisation et un engagement solidaire.
Au sein du projet de communauté chaque compagnon peut construire et mener son propre projet personnel : vivre durablement au sein du groupe, ou envisager une insertion externe, développer ses potentialités, ses désirs, ses aspirations, tout en étant accompagné et dans le respect des règles de la vie communautaire.
Les Amis, bénévoles, défendent les valeurs et s’engagent dans les projets collectifs à la mesure de leurs possibilités et selon les responsabilités qu’ils peuvent y prendre. Ils respectent l’espace de vie des compagnons.
Les permanents, centrés autour de l’équipe responsable ne sont pas que des salariés exécutants : ils sont militants du mouvement et acteurs de la communauté.
En référence au mouvement Emmaüs France et Emmaüs International, les trois composantes, qui peuvent connaître des variantes liées aux réalités de la communauté et de son environnement, ont à vivre et agir en commun pour produire des raisons de faire ensemble, de s’engager dans la construction d’un monde solidaire.
La communauté Emmaüs a pour principe fort de développer son autonomie économique où se trouvent impliqués tous les acteurs du groupe. Ce principe repose prioritairement et essentiellement sur l’économie de la récupération et non sur des ressources venues de dispositifs publics, de la générosité publique …
De ce point de vue, chacun est impliqué selon ses possibilités et son savoir faire dans cette dynamique d’autonomie.
Cette autonomie veut témoigner que chacun, quelles que soient sa compétence, sa force, sa position sociale, a sa place dans une économie faite pour l’homme.
La communauté est ainsi, par sa logique de rencontre et ces principes économiques et de solidarité, une véritable alternative de société.


René Gendron dit :
Merci de donner quelques informations sur le fonctionnement d’Emmaüs, ce qui n’est pas facile à comprendre. Le principe de communauté s’oppose souvent à l’idée de besoin individuel dans la mesure où les intérêts individuels peuvent être différents de ceux de l’ensemble. En plus, les communautés, de façon générale, sont souvent opaques et on ne sait pas trés bien ce qui s’y passe! Pourriez vous aller un peu plus loin dans vos précisions? - d’où viennent vos ressources? on dit qu’Emmaüs est trés riche, difficile de croire que cela ne provienne que de nettoyage de caves ou de greniers. - qui sont les gens qui viennent chez vous? vous parlez de les mettre en sécurité,… pour les protéger de qui, de quoi? - qui contrôle vos activités et les “compagnons”? - faites-vous de bénéfices de vos ventes? si oui, qu’en faites-vous? qui contrôle tout ça?
pascallafargue dit :
L’abbé avait coutume de dire : “on vient en communauté quand on en a besoin, on s’en va quand on en a assez”. On vient pour des raisons personnelles, donc individuelles. On y trouve la paix, la sécurité et surtout un espace collectif et l’envie de faire ensemble. Mais il y a aussi, à côté des moments partagés, des temps et des espaces individuels.
“On dit qu’Emmaüs est très riche” écrivez-vous. Emmaüs est surtout riche de son engagement collectif qui s’inscrit dans une histoire de plus de 50 ans de travail et de gestion raisonnable et prudente.
C’est vrai que le mouvement en Gironde est important, mais plus de 200 personnes travaillent tous les jours pour lui donner la force et les moyens d’agir au quotidien contre les exclusions.
Augustin Longueville dit :
d’où viennent vos ressources?
La grande majorité des communautés en France ne reçoivent aucune subventions de fonctionnement. Difficile de le croire, mais c’est pourtant vrai: le travail des compagnons et les dons / ventes auprès des particuliers sont la principale source financière du mouvement.
faites-vous de bénéfices de vos ventes? si oui, qu’en faites-vous?
Il faut d’abord “faire tourner” la communauté, remunerer les responsables et autres salariés, attribuer un pécule aux compagnons, cotiser pour eux à l’URSSAF, etc. Ensuite, pour les communautés plus aisées, l’argent est le plus souvent attribué à la solidarité internationale.
pascallafargue dit :
Ou à la solidarité nationale ou encore de proximité.
Merci Augustin Longueville dont les réponses sur le fonctionnement des communautés prouvent qu’il connaît bien le sujet.
Augustin Longueville dit :
@Pascal: Je suis actuellement stagiaire à l’UCC…
pascallafargue dit :
Bravo Augustin, un stagiaire qui promet beaucoup.
Salut pour moi les “gars de l’UCC”.
jacques Istres dit :
l’UCC, c’est quoi ça ? faut nous expliquer ? en tout état de cause, où que tu sois responsable Augustin, reste maître de ta vie, professionnelle et tout court. Dénonce ce qui doit être dénoncé même à Emmaüs, même à l’UCC, en tout autonomie de pensée et d’action. Je suis certain que cette “UCC” reste une organisation avec tous ses travers idéologiques et fonctionnels, avec ses cadres bureaucratiques hors du terrain. Si tu dis vouloir devenir par tes stages “responsable”, sois-le totalement tout au long de ta carrière. Dégage-toi peut-être déjà du cadre “économique absolue” : tu parles ressources, dons, argent, pécule, bénéfices. Je pensais qu’Emmaüs c’était d’abord les ressources humaines et les vraies valeurs : du quotidien (l’héritage), à demain matin (s’adapter aux changements qui arrivent), à plus tard, un jour (rêves, attirer l’économie vers Emmaüs et non l’inverse), à beaucoup plus tard (Emmaüs n’aurait même plus la nécessité d’exister. Du rêve et de l’espoir d’abord !
Oreste dit :
Tu seras un homme mon fils
Augustin Longueville dit :
merci pour tes conseils de vie Jacques, qui me seront certainement très utiles ! Ne t’inquiète pas tant pour mon autonomie de pensée, il me semble qu’elle se porte bien.
“l’UCC, c’est quoi ça ? faut nous expliquer ?” Tu trouveras quelques informations sur l’UCC sur Wikipedia en cliquant sur mon nom à partir de ce post (en faire l’historique détaillé n’aurait pas sa place ici)
“Dégage-toi peut-être déjà du cadre “économique absolue” Je pensais qu’Emmaüs c’était d’abord les ressources humaines ”
Je répondais simplement aux questions de rené qui concernaient les finances du Mouvement, une dimension importante malgré tout… ok avec toi sur la primauté de l’aspect humain, ça coule de source… Je ne vois pas où ma réponse pourrait te donner l’impression que je me place dans un “cadre économique absolu”…
Bref. ce débat me semble être d’un intérêt très relatif. Je profite de ce post pour remercier Pascal pour sa présence et son intervention très intéressante pour les élèves de l’IEP Bordeaux lors de notre présentation du Mouvement. Pas sûr que les étudiants s’attendaient à autant de virulence envers “Martin” !
Augustin Longueville dit :
rectificatif: le lien hypertexte sur mon nom ne fonctionne pas (problème de copier-coller)
voilà donc, pour Jacques Istres, des infos sur l’UCC: http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_Centrale_de_Communautés_Emmaüs
Oreste dit :
Marrante la lecture du blog. On apprend que le président donne des conférences à l’IEP de Bordeaux et qu’il se lâche en cachette sur HIRSCH !!!