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Sarkozy : le grand défi

Jospin avait promis « zéro SDF en 5 ans ». C’était en 2002, une éternité. Ca ne lui avait pas porté chance.
Sarkozy annonce aujourd’hui dans une lettre rendue publique par l’Elysée « un tiers de pauvres en moins en 5 ans », voilà une attitude volontariste qui correspond bien à l’image dynamique du chef de l’Etat.
Faisant le constat que « sept millions de personnes vivent en France sous le seuil de pauvreté », le Président de la République adresse au Haut-commissaire une lettre de mission dans laquelle il fixe des « objectifs chiffrés et des obligations de résultat ».  
Nicolas Sarkozy enfonce le clou et demande à Martin Hirsch “d’impliquer, aux côtés de l’Etat, les acteurs concernés (partenaires sociaux, collectivités territoriales et associations) dans la formulation et le suivi de cet objectif et de tout faire pour l’atteindre”.
 
Pour ne pas rester béat d’admiration devant un tel engagement, regardons de plus près.

Allons-y, un tiers de 7 millions en 5 ans, ça fait 2,3 millions sur 5 ans soit 466 000 personnes par an pendant 5 ans.
Si on met entre parenthèses les 18 mois d’expérimentation du RSA qui ne concernera au mieux que 50 000 personnes, il restera en gros un peu plus de trois ans et le défi sera donc de faire sortir de la pauvreté 700 000 personnes chaque année jusqu’en 2012.

Comment ?

Eh bien en mettant en place le RSA.

Il va donc falloir donner du travail à 700 000 personnes par an, alors que la France crée au mieux 200 000 emplois par an, ce qui fut presque le cas en 2006, meilleur chiffre de la législature. Notons que ce chiffre englobe l’ensemble des emplois créés. La grande majorité des personnes vivant sous le seuil de pauvreté n’ont pas accès aux emplois qualifiés.

Face à cet objectif chiffré par le Président de la République, on sent encore plus le décalage terrible entre ce qui semble possible et ce qui est annoncé. Par quel miracle la horde des mal logés, mal nourris, mal formés, peu mobiles, parfois en mauvaise santé et souvent découragés vont-ils être choisis par des patrons devenus du jour au lendemain des acteurs prioritaires de la lutte contre les exclusions ? Ca ne colle pas, les patrons cherchent à embaucher des salariés compétents, motivés et opérationnels pour livrer la dure bataille de la concurrence.


Il faudrait une croissance économique à la chinoise pour nous permettra de créer des centaines de milliers d’emplois chaque année. 


Et quand bien même ces emplois existeraient-ils, reste évidemment la question toujours pendante, jamais abordée franchement : que prévoient le Président, le gouvernement et le Haut-commissaire pour tous ceux qui ne peuvent pas travailler ?

13 commentaires pour “Sarkozy : le grand défi”

  • Jean Hugues de la Vigerie dit :

    Croyez-vous Monsieur Lafargue que 100% des français soit en mesure d’accéder au plein emploi? Nons à vous lire. Donc il faut bien tenir compte de cette réalité et ne pas baisser les bras, ce que fait Monsieur le Président de la République selon une schéma d’action prévisionnel nettement plus réaliste que la démagogie de jospin. Vous en convenez… En revanche, vous ne ratez pas l’occasion d’épingler Monsieur Martin Hirsh à l’égard duquel votre animosité n’a d’égale que votre absence d’objectivité. Oui le gouvernement entend réduire sensiblement le nombre des laissés pour compte et Monsieur Martin Hirsh est effectivement convié à suivre de près ce dossier puisqu’il est membre de l’équipe dirigeante de notre pays. Où est le problème? Ce qui ne peuvent travailler? Et ce qui ne veulent pas travailler? En parlez-vous? Que non point! ce serait trop vous demander de reconnaitre qu’une fraction non négligeable des “démunis” renonce à l’effort de s’insérer pour détourner les aides publiques issus du travail des Français fidèles à un idéal national. Je regrette que le mouvement Emmaüs puisse cautionner par votre intermédiare un affichage politique outrancièrement de gauche. Comment se fait-il que la direction parisienne de l’oeuvre de l’abbée Pierre vous laisse dénaturer l’esprit de charité chrétienne de l’abbée? Peut-être pourriez-vous nous proposer la présentation objective d’un organigramme du mouvement Emmaüs qui puisse exposer au béotien que je suis le miracle de votre maintien à vos fonctions? J’ose espérer tout de même que vous êtes sous contrôle au niveau des fonds que vous gérez à défaut de l’être sur vos propos blessants pour celui qui fut Président il y quelques jours encore. Je pense revenir libeller quelques commentaires ultérieurement sur un autre sujet en filigranne de votre prose, je veux dire votre mépris des entrepreneurs que vous désignez sous le vocable de patrons en bon nostalgique de feue la lutte des classes….

  • Félicie dit :

    découverte de ce blog par ami interposé… C’est drôle un lieu de dialogue sous le signe d’Emmaüs. On pouvait penser que cette institution se suffisait via son site internet afin de dispenser une information sur ses actions, ses valeurs ses projets. Et puis, on découvre une expression locale par le truchement du président girondin. Expression surprenante pour une profane qui n’a pas de connaissance précise d’Emmaüs hors les médias et la figure emblématique de l’abbée Pierre. La présentation d’Emmaüs Gironde est alors bien utile pour mieux comprendre la stucture et ses diverses activités. Au fil des articles de P Lafargue et des contributions, on peut observer des tendances, des différents voire des affrontements entre partis pris autour de la question sociale. Il s’agit donc d’un débat et c’est interressant. Le fait marquant est sans doute la critique de Martin Hirsh suite à son choix politique. Si vous parlez avec vos amis, cet homme dispose d’un crédit certain dans le droit fil de l’oeuvre du fondateur, comme un héritier laïc qui donne de sa personne en direction des plus pauvres. Il est donc étonnant de voir mis à mal son RSA. Je dis étonnant et non scandaleux.car en fait sous les projecteurs de l’actualité, l’information demeure partiale, restreinte. Je suis une personne de gauche et je pense naîvement sans doute que les idées sociales de l’abbée Pierre se rattachent à ce courant politique même si l’homme a dépassé les clivages traditionnels par sa pensée et ses actes. Par déduction, le continuateur médiatique de son oeuvre jouit tout naturellement du même capital de sympathie, ce qui lui permet de s’inscrire dans l’ouverture de sarkozy fort de cette opinion favorable. La remarque de Pascal Lafargue est alors pertinente lorsqu’il rappelle que personne ne peut prendre la suite de l’abbée au risque de confisquer son image pour des intérêts personnels. Mais pourquoi les partie de gauche, certes mal en point, ne relèvent-ils pas la supercherie. En portant la contradiction à Martin Hirsh craignet-ils de toucher au tabou Emmaüs? Si tel est le cas, la gauche est plus que mal en point. Voilà un petit mot d’humeur jeté sur la toile. D’autres viendront plus étayés après quelques information supplémentaires assimilées. PS: de Lavigerie c’est surprenant sinon effrayant.

  • pascallafargue dit :

    A Jean-Hugues,

    J’ai déjà dit que ce Blog ne devait pas devenir un blog anti-Hirsch. Vous et moi avons bien mieux à faire. Pour autant faudrait-il se taire quand une personne toujours présentée comme liée au Mouvement Emmaüs cautionne un affichage insupportable au regard de la détresse des 7 millions de pauvres. Nous aurons sans doute à suivre de très près ce dossier. Comment serions-nous jugés si nous n’intervenions pas sur ces questions ?

  • pascallafargue dit :

    A Jean-Hugues encore,

    Pourquoi faut-il toujours aborder un sujet par les déviances ? Evidemment que certaines personnes trichent avec les minima sociaux. Dans ce cas ils font injure à la solidarité nationale. Mais il y a également des hommes d’affaires indélicats, des patrons voyoux, des avocats marrons, des instituteurs ou des curés pédophiles, des banquiers véreux, des flics ripoux, etc …

    Etes-vous sûr que ce soit là la meilleure façon de considérer la question de la pauvreté et du chômage en évoquant les tricheurs ?

  • pascallafargue dit :

    A Jean-Hugues toujours,

    Outrancièrement de gauche ? L’outrance n’est-elle pas plutôt dans votre propos ?

    Je dis ce que je pense sans engager le Mouvement Emmaüs. J’ai ailleurs soutenu le plan Borloo en faveur des sans-abri et reconnu que la droite avait fait plus et mieux que la gauche en matière de logement si on compare les deux dernières législatures.

    Est-ce de ma faute si les 15 milliards du paquet fiscal constituent une série de mesures concrètes et immédiates alors que le flou le plus grand accompagne le “défi de Sarkozy” en matière de lutte contre la pauvreté ?

  • pascallafargue dit :

    A Jean-Hugues enfin,

    Quelle charité chrétienne ?

    Ce sont là des mots que vous mettez en fonction de votre sensibilité et de vos croyances.

    Souffrez que d’autres puissent y mettre des mots différents comme la justice sociale, la solidarité et pourquoi pas comme la fraternité ou l’amour.

    Emmaüs est un mouvement laïque cher Monsieur de La Vigerie, c’est ce qui a permis à “celui qui croyait au ciel et à celui qui n’y croyait pas” de donner toute leur vie, avec l’Abbé Pierre, au service des plus faibles.

    Quant aux associations locales girondines, si elles sont membres du Mouvement Emmaüs tant au niveau national qu’international, elles sont autonomes et indépendantes. Je ne rends des comptes qu’aux membres des assemblées générales.

  • pascallafargue dit :

    A Felicie,

    Vous m’excuserez de ne pas répondre à votre message pourtant fort intéressant, mais vous comprendrez que j’ai assez parlé du Haut-commissaire pour ce soir.

    Soyez le (la) bienvenue.

  • MARIE dit :

    Jospin avait promis « zéro SDF en 5 ans ». C’était en 2002, une éternité. Ca ne lui avait pas porté chance. citation de”Monsieur Lafargue” Les sans domicile n’en déplaise a “jean hugues” sont des êtres vivants qui habitent la même planète que lui ou moi , et qui souvent ont eu une vie posée,avec un job un appartement, une famille et des loisirs voire des passions. Un jour sans que personne ne s’émotionne et encore moins les grands c’est la chute libre. Il est plus facile de pointer du doigt celui qui nous fait peur, c’est à dire l’autre, en lui imputant les maux de la société, le pauvre dérange, le chômeur à vos dire fraude vous avez une drôle de vision citoyenne.

  • pascallafargue dit :

    Bonsoir Marie.

    Soyez la bienvenue sur ce Blog.

    Merci de vos paroles fortes.

  • ANDY CAP dit :

    Marie je la connais, la grande soeure des copains de la rue qui gueule bien et qui n’as pas peur des mecs qui ont de la geulle parcequelle gueulle plus fort que les grandes gueules pleines d’alcol.

    ELle a trouvait un boulot avec emmaues y parait qu’elle est contente parcequelle bosse bien avec Richelieu. JESpére qui la casque pas avec des coulis alimentaire que tas rien pour cuire

  • MARIE dit :

    il parait, non il parait pas, effectivement je bosse pour émmaus depuis quelque mois.Non je ne suis pas payée en colis alimentaire.Tu sais HANDY, il m’ est arrivée aussi de bosser pour une maison de quartier sur Bordeaux Dans les jobs l important c’est de pouvoir trouver un équilibre constructif, et savoir rester soi meme.Je reconnais sans fausse pudeur que mon boulot aujourd’hui est un plus dans ma vie de militante car j’ai encore plus de contact avec ‘les gens de la rue”.Et je dois dire dans la plus grande liberté que l on peut concevoir dans n’importe quel job.

  • flahet dit :

    Peut-être un commentaire tardif mais à l’échelle d’ emmaûs Bordeaux, quels seraient l’augmentation de vos ressources pour augmenter de 33% vos capacités?

  • pascallafargue dit :

    Pas facile de répondre à une telle question mon cher FLAHET.

    Nous faisons évidemment le maximum pour augmenter nos ressources propres afin d’améliorer notre capacité d’intervention dans le domaine de l’action sociale.

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