Sarkozy : Le Magicien d’Oz (tout)
Voilà que le président de la République veut taxer les revenus du capital pour financer le RSA.
Un revenu nouveau pour une dépense nouvelle, on est bien dans la « doctrine Woerth » mais la grande nouveauté que Sarkozy devrait annoncer demain à Laval (selon le journal économique Les Echos, information reprise par toute la presse) c’est que ce sont les riches qui financeront le RSA.
Fallait oser.
On restera cependant circonspect sur cette annonce d’abord parce qu’elle renvoie l’application à 2009, deuxième semestre, qu’on parle de 1.4 milliard en année pleine (donc à peine 700 millions ou même 350 millions pour 2009, c’est au passage ce qu’avait déjà annoncé Eric Woerth), ensuite parce qu’on sait déjà que l’Etat n’interviendra qu’à hauteur de 30 % du financement laissant aux autres le soin de trouver l’essentiel du financement du RSA.
Il n’empêche que l’annonce fera l’effet d’un coup de tonnerre. Sarkozy joue les Robin des Bois en empruntant les références de cette mesure à la Taxe Tobin réclamée par la gauche depuis longtemps (mais qu’elle n’a pas mise en œuvre quand elle était au pouvoir).
Alors il a osé, Sarkozy. La tornade va nous entrainer dans le monde féérique d’Oz où les riches acceptent de gagner moins pour partager.
Mais attention, dans le monde d’OZ il y a la méchante sorcière : « je t’aurai, ma jolie, et ton chien aussi. »
Ah non, pas le chien …….


DEB dit :
Non, pas le chien…
Jacques Istres dit :
Non, pas le chien de Carla
petite mauve dit :
le cabot de carla
ou le nabot ?
pêle-mêle dit :
Est-on sûr que ce sont les riches qui seront taxés ?
Et pas les classes moyennes ?
Gérard Durand dit :
Tout ce qui accompagnera de près ou de loin la mise en oeuvre du RSA est un leurre général. La seule réflexion que l’on doit avoir est celle de la place du RSA dans la régulation du marché du travail. Le RSA est un instrument particulier de politique sociale qui a pour objectif non avoué (illusion ? perfidie du système ? perversité du libéralisme ? fausse conscience ?) de s’inscrire dans un contexte de recherche d’une plus grande flexibilité du marché du travail…et, au-delà, sur la croissance de l’économie fondée sur le développement d’emplois de faible qualité (à mettre en parallèle avec le Plan Borloo). Le RSA est fondé sur une représentation très simplifiée du marché du travail : face à un stock d’offres d’emploi non satisfaites, il existe un stock de chômeurs disponibles. Point barre. D’où l’approche incitative, avec un discours cul-béni sur la pauvreté et la charité. Et ces emplois correspondent aux moins qualifiés, aux conditions difficiles et à des rémunérations peu attractives. Qui va se régaler ? les patrons ! Pourquoi Martin Hirsch est resté silencieux sur la question du contrôle des chômeurs et de l’offre valable d’emploi ? parce que c’est un engrenage terrifiant qui se met en place et qu’il y participe. C’est son rôle. Depuis 2001, l’ANPE consacre des travaux pour définir “l’offre valable d’emploi” ? Pourquoi le RSA, mesure incitative, maintenant ? Pourquoi un Plan Borloo d’emplois (500 000) de services d’aide à la personne, mal rémunérés, à temps partiels, corvéables à merci ? c’est le libéralisme. Pourquoi ce débat fumeux autour des obligations des personnes ? pourquoi pas les droits tout court ? Les syndicats sont complètement absents, quand ils ne sont pas complices (CFDT). C’est une faillite générale. On va droit dans le mur avec l’extension de l’activité réduite et du travail à temps partiel subi.